Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 12:23

Bonjour à tous !

 

C'est l'équipe Hoéquateur 2012 qui vous parle ! Nous vous donnons dès à présent quelques nouvelles, parce que pour nous, l'aventure sud-américaine a déjà commencé !

 

En effet, bien que notre mission en Equateur ne débute qu'en juin, nous avons d'ores et déjà atterri au Pérou depuis le 22 février. Là-bas, nous allons travailler pendant 3 mois sur un autre projet de développement local, qui vise entre autres à assurer des cours d'agronomie aux jeunes péruviens du collège de Cospan, petit village de la province de Cajamarca.

 

Mais tout d'abord, quelques mots sur nous. L'équipe de cette année aura un effectif réduit, puisque nous ne sommes que trois à partir. Trois garçons, en plus, alors pour l'égalité des sexes on repassera. Si nous venons tous les trois de la même école d'agronomie, l'ENSAIA de Nancy, en revanche nous sommes originaires de régions bien éloignées les unes des autres : Clément habite en région parisienne, près de Versailles, Julien vient du Nord de la France, et Nicolas de Saint-Etienne.

 

Cela nous amène à évoquer l'un des aspects les plus importants selon nous de ce projet : la notion d'échange. Nous allons à la rencontre d'autres cultures, d'autres langues, d'autres traditions... C'est une chance unique qui nous est offerte. Mais cet échange aura aussi lieu au sein même de notre équipe. Et le fait que nous soyons certes tous français, ayant la même langue et la même culture, mais pas les mêmes habitudes, les mêmes façons de penser et les mêmes caractères, sera aussi une chance. Partager une telle expérience tous les trois sera aussi un vrai voyage, mais cette fois-ci, intérieur.

 

Ce qui nous a réuni et nous a décidé à partir, c'est la même envie de découvrir les cultures sud-américaines, le même goût de l'aventure indispensable à ce genre de périple et la même volonté d'aider les populations qui en ressentent le besoin. Nos études, axées sur l'environnement, nous permettent aussi de nous rejoindre sur les problématiques de développement durable qui entrent en jeu dans le projet.


Les présentations étant faites, attardons-nous maintenant sur le projet Hoéquateur en lui-même. Cette année, nous avons la chance de pouvoir passer deux mois sur le sol équatorien, ce qui devrait nous permettre d'effectuer un véritable tour d'horizon de la situation sur place.

 

Voici un aperçu des actions prévues :

 - collecter le maximum d'informations, et surtout se renseigner sur la gestion de l'argent au sein de la fondation Tsunki Shuar (notamment sur les rôles précis du trésorier et du comptable)

 - effectuer toutes les démarches nécessaires pour raccorder la Casa au réseau électrique de manière définitive

 - sonder Francisco et Maria sur l'ouverture éventuelle à d'autres communautés indigènes (et en profiter si possible pour établir un historique des relations entre les différentes communautés)

 - voir où en sont les projets de commerce équitable et si ça pourrait être une solution pour assurer l'avenir de la Casa

 - si on a suffisamment d'argent, décider avec Francisco et Maria de s'attaquer à la pose des murs ou la pose du sol du deuxième étage

 - discuter avec Francisco de son projet musical pour voir si cela aurait un véritable intérêt pour la Casa (revenu durable ou animation)

 - rendre visite à la communauté de Putuim et voir s'ils ont un projet en cours ou une idée de projet que l'on pourrait soutenir humainement ou financièrement

 - réfléchir à une éventuelle aide à d'autres communautés alentour

 

Voilà un programme bien chargé, on ne sera pas trop de trois pour mener à bien tous nos objectifs !

Place désormais à l'aventure péruvienne, que vous pouvez suivre sur notre blog "Tierras y hombres", qui sera mis à jour régulièrement tout au long de notre périple, à l'adresse que voici : http://peruecuador2012.blogspot.com

Sinon on se retrouve dans quelques temps ici, sur le blog Hoéquateur, dès que l'on aura de nouvelles infos à vous communiquer !

 

A bientôt !

2) 

Par hoequateur - Publié dans : Projet 2012
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 17:08

Les coeurs se serrent. Les larmes commencent a perler. Deja le soleil de l'Equateur s'efface peu a peu, et faute des fortes pluies tropicales qui nous ont assaillé tant de fois, c'est comme une pluie grisonnante de la banlieue parisienne qui crachine sur nos cheveux blondis par le soleil et l'eau des bambous.

 

La fin du projet pointe le bout de son nez, et les dévoués et assidus lecteurs que vous etes se doivent de voir maintenant la réalité en face : ce message est le dernier du blog du projet Hoéquateur 2011.

 

Mais ne serrez pas non, pour ces derniers mots nous avons encore beaucoup a raconter. 

 

Tout d'abord, le bilan de toutes nos actions, parce que oui, on a bien profité, mais faut pas croire, on a bien bossé aussi. 

- Dans la communauté de Putuim, nous avons usé la moitié de la sueur de notre corps pour débuter avec nos hotes l'amenagement de quatre fermes a poissons. Et nous avons aussi achetés 2 petits cochons qui, nous l'espérons, vont grandir bien vite et faire plein d'autres petits cochons. Ainsi toutes les familles de la communaut'e pourront rapidement profiter d'une source de viande et/ou d'un peu de revenus, d'ici quelques années.

 

- Avec notre partenaire, la fondation Tsunki Shuar et nos amis Francisco Ecuador et Maria Shacay, nous avons aussi usé un peu de sueur afin de mettre en place le jardin de la Casa de la Sabiduria, et nous espérons que le prochain groupe pourra déja profiter des Yuccas que nous avons planté. 

Mais surtout, nous nous sommes engagés et avons commencé les procédures pour la construction du sol en béton du musée -un travail qui devrait durer deux mois-, pour la coquette somme de 6000$, soit environ 4200 euros...Le travail devrait commencer bien vite puisque le maitre d'oeuvre (qu'on appelle ici le 'maestro') verra son contrat débuter des le 15 septembre...

Enfin, un autre point qui nous paraissait important avant notre départ : l'aide et la promotion à la création de l'artisanat. Nous avons donc acheté une quantité non négligeable de colliers, bracelets et autres boucles d'oreilles que nous revendrons en France, lors de nos expositions photos...Les bénéfices issus de cette vente seront évidemment utilisés pour les futurs projets Hoéquateur.

 

Nos derniers jours n'auront cependant pas été des plus mornes non, puisque la veille de notre supposé départ Indiana à décidé de nous faire une petite frayeur en se prenant de fiévres et tremblements, tels qu'il nous est apparu comme une nouvelle expérience amusante de l'emmener faire un petit séjour au charmant Hopital militaire, connu pour son accueil chaleureux et la décoration de ses chambres. Après quelques maux et quelques migraines, une longue lutte contre son corps, et surtout grace au soutien des nombreux et charmants militaires qui l'ont accompagnée durant ces deux nuits, tout va finalement pour le mieux. Et tous d'etre ravis de ne plus retourner dans ce sombre batiment, surtout Marilou qui s'est faite le plaisir de l'y accompagner durant ces deux nuits. En plus on à économisé une nuit a l'hotel.

 

Alors pour se remettre de ces émotions, nous avons décidé d'organiser un faux anniversaire surprise pour les 16 ans d 'Indiana. Champagne, confettis et surtout une belle piña seront de la soirée, lui offrant tout le plaisir de libérer la mauvaise énergie accumulée à l'hopital...

 

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Alors voilà, maintenant c'est sur, on aura vraiment tout fait en Equateur...

 

Ce message, nous avons commencé à l'écrire durant notre escale à Baños, et déjà l'ambiance plus que touristique et l'arrivée massive de la langue anglaise dans nos oreilles nous faisait regretter le charme discret de notre chère Puyo. Mais à l'heure où nous écrivons la fin de ce message, en direct de la capitale de Quito, plus vide et morne le dimanche qu'un petit village de l'Oise, nous annonce l'ineluctable : c'en est bel et bien fini pour cette année.

 

Mais un mot résonne dans le coeur et les esprits de tous, et ce n'est pas adieu non, car dès aujourd'hui se voit ancrée dans nos envies la plus intime des convictions, celle que nous reviendrons voir tous ceux qui nous ont accueillis ici, pour nous faire découvrir ce bien beau pays. Ce mot, c'est à bientot.

 

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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 19:15

De retour de notre séjour à la communauté, Edwin, l'un de ses membres et maintenant ami a gentiment accepté de nous offrir le gite et le couvert pour quelques jours. Cela nous a permis de rencontrer encore d'autres membres de la très très grande famille de Maria, de ceux qui habitent maintenant à Puyo.

 

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Au programme : d'autres histoires et d'autres soirées, allongés sur un hamac dans la jolie maison d'Edwin, petite baraque de bois bleuté coincée au fond du quartier d'Eloy Alfarro dos, la banlieue de Puyo. On nous contera encore d'autres récit héroiques sur les anciens guerriers de la famille, et sur les difficultés que cela entraine encore de nos jours, créant de véritables conflits entre la famille Shaquay et les descendants des nombreuses victimes des anciens combats.

 

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Petite anecdote culinaire amusante : un de ces matins, nous décidons pour faire plaisir, de préparer un petit dejeuner à l'europeenne. Plein de bonne volonté, nous nous rendons donc un soir au supermarché et achetons tout le nécessaire, sans concession ni demi-mesure (avec ce qu'on peut trouver ici). Au menu : oeufs brouillés, toasts jambon/fromages, et pancakes avec confitures, dulce de lece et surtout, du nutella (sisi). Tous s'échinent le matin dit pendant deux bonnes heures, Indiana préparant ses pancakes avec une assiduité déconcertante, enfin bref, on veut leur en mettre plein la vue. En plus, ils sont nombreux, puisque meme l'une des filles de Ramon, venant de la communauté pour la journée pour consulter un shaman, car victime de problèmes à cause de sa grossesse, est ici, accompagnée de son mari et de son autre fille, ainsi que la Abuela, la mère de Maria (et de Ramon, pour ceux qui suivent).

 

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On sert d'abord les toasts, et deja ils annoncent la couleur : la moitié ne sont pas mangés, car le jambon n'a à leur avis strictement aucun gout....viennent ensuite les pancakes, qui seront certes tous mangés, mais sans mhhhhhhh aucun. Quant au nutella, à peine touché, heureusement qu'Indiana a bien voulu se dévouer pour manger tout le pot (fallait pas qu'il se perde). Après ce festin pour certains, et cette drole d'alimentation pour d'autres, on voit un gamin qui s'empare d'une papachina, apportée par la abuela qui cuisinait aussi en douce. On lui demande ce qu'il préfère, et le verdict est sans appel : la papachina. Une belle lecon pour nous tous, habitués à se gaver de sucre depuis notre tendre enfance...

 

Apres ces quelques jours, au retour de Maria et Francisco qui étaient partis loin de Puyo pour régler des affaires administratives, nous revenons à l'hotel pour reprendre les choses sérieuses. S'en suit une première journée de création d'artisanat, le but étant de créer un maximum de bijoux en un minimum de temps, et pour en ramener assez pour tout le monde en France, cela finit par prendre l'allure d'un marathon de la perle ennylonnée.

 

Journée suivante sous le signe amazonico-fashion...En effet, avant de partir pour Putuim, nous avions acheté du tissu et étions passés chez un parent de Francisco afin de nous faire concevoir robes et pantalon qui seront ensuite, pendant nos vacances junglesques, peints dans l'art et la manière du célèbre artiste Francisco Ecuador, autrement connu comme el Jaguar del Amazonia.

 

A notre retour nous avons donc pu découvrir nos nouveaux habits, et après que la plus-que-gentille soeur de Francisco nous ait offert un succulent déjeuner , nous nous rendons au bord du Rio Pastaza, afin de réaliser au nom la culture et de l'art une séance photo digne d'un grand magazine de mode pré-colombien, mais voyez plutot :

 

 

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Le lendemain sera touristique, puisqu'ils nous emmeneront à Tena, à environ 2h de bus, afin d'y rencontrer le frere de Francisco, guide dans les cavernes Jumandy. On nous propose alors de les visiter....Escalades, glissades, peur des araignées et autres chauves-souris, enfin bref, tout ce qui maintenant nous apparait comme une certaine routine seront de la partie. Mais pour changer un peu, et comme il faut aussi penser au bien-etre cosmetique de ces dames, on en profitera pour s'enduire un peu de boue, voir meme de s'en balancer les uns les autres, sans vergogne. 

 

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Sur le chemin du retour, un peu de baignade dans les cascades naturelles pour rincer tout ca, et nous voila partis pour le dejeuner.

Nous sommes invités a manger non loin de là, dans une chosa appartenant à des amis, Kichwa pour changer un peu. Et l'on se surprend à apprécier d'etre servis à meme le sol sur des feuilles de bananier, des poissons tout frais qu'on dévore avec les mains...un petit arrière gout de notre séjour à Putuim qui nous manque déjà un peu...

 

Voila pour ces derniers jours....peu de temps restant avant la fin de projet, et ca commence a se sentir....

Par hoequateur - Publié dans : Projet 2011
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Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 22:37

Alors voilà, les premiers jours c'était sympa, on commence a connaitre un peu tout le monde et a s'attacher, mais c'est pas le tout, va falloir bosser un peu pour la communauté.

La journée du lundi était donc celle du labeur, puisqu'on nous invite à venir donner un coup de main pour créer, a quelques metre d'un chemin partant de la communauté, 4 peceras (fermes à poissons), afin de permettre aux membres de la communauté de manger un peu plus de viande. Chacune de ces fermes contiendra environ 500 poissons, ce qui permettra d'en faire profiter de plusieurs communautés, voir en plus d'avoir un peu de surplus pour le vendre à la ville.

Le travail est plus qu'harrassant, armés chacun d'une simple pelle pour creuser un trou de 60cm de profondeur et d'environ 10m par 6. Il ne nous faut à chacun que quelques minutes pour etre terrassés par la fatigue et les douleurs, et encore une fois les indiens nous impressionnent par leur forme physique, et meme ceux qui ne sont plus tout jeunes. Ils travaillent d'arrache pied, aidés par plusieurs hommes venus d'autres communautés. Pendant ce temps, les femmes amenenent encore et toujours des grands bols de chicha, pour se redonner des forces !

Au terme de cette premiere journée de travail la premiere pecera est terminée, et nous autres, extenués. Mais comme si cela ne suffisait pas, on nous invite au premier grand match de foot Francia / Ecuador ! Petits comme grands ne montrent pas un seul signe de fatigue, ne craignent pas les épines sous leurs pieds nus, et ne cessent d'etre a 100% de leur energie du debut a la fin, tandis que nous qui n'etions deja meme pas a la moitié avant de commencer, faisont rapidement bien pale figure, et seul Churubia restera jusqu'a la fin, mais le lendemain les nombreuses courbatures montreront qu'il aurait peut etre mieux fait d'etre plus raisonnable.

 

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Le lendemain, journée de repos, et Edwin et son père, Abel, nous invitent a faire une petite ballade en foret. Les embuches redoublent car cette fois nous n'empruntons pas les chemins oh non, mais nous enfoncant directement dans la jungle, guidés par les nombreux coups de machette d'Abel, cet homme qui d'apparence n'effraie pas, mais qui s'avere etre fort comme un boeuf. Encore une fois nous sommes subjugués par leur immense connaissance de la foret, et tous les dix metres on s'arrete pour decouvrir ce qui se mange, se peint, se brule, se boit...bref tout pour survivre ! Sur la route un nouveau drame arrive, la rencontre de Shuerpip avec celles qui, petite par la taille mais grandes par la douleur étaient tant redoutées depuis le début : pas les mygales, pas les serpents, pas les tigres non, mais les chenilles. Eh oui ca peut sembler bien peu de chose, mais certaines, celles qui ont le poil long, peuvent provoquer des douleurs, qui bien que temporaire laissent un souvenir a celui qui se trouve sur leur chemin. Et leur chemin, impossible de le prevoir, car quand elles ne passent pas des feuilles que l'on deblaie aux bras, c'est directement du ciel qu'elles tombent, comme sur la main de notre Indiana, rapidement envahie de douleur et de nausée, mais qui se montrera forte et qui, au terme de la douleur, pourra non sans gene se vanter d'etre une vraie femme de la foret.

 

Notre 'ballade' se continue donc, juste le temps de passer des crevasses en marchant sur des troncs d'arbres et de se rehydrater en buvant a meme le bambou, nous arrivons devant de tres vieux arbres, juchés de longues lianes. On en coupe quelques unes, elles serviront a tresser des paniers, et nos guides deblaient rapidement le coin afin de jouer quelques minutes a tarzan....Car c'est ca l'esprit Shuar : prendre son temps, profiter de la foret, et s'avoir s'amuser de temps en temps !

Retour ensuite a la communauté, en grigognant sur la route quelques Papaya del Monte ou du Palmito, le coeur de palmier local, sans trop de gout mais qu'ils devorent sans moderation !

 

Le soir on retourne dans l'esprit du projet, et participons a une grande reunion. La premiere demi-heure est un peu longue puisque tous ne parlent que Shuar, mais nous comprenons qu'en fait tous se parlent pour décider du futur de la communauté, et qu'ils se concertent aussi au mieux pour que notre discussion avec eux se passe pour le mieux.

Bilan : la communauté risque de s'agrandir encore, puisque la famille s'etant un peu eparpillee dans d'autres communautés au fil des années et des mariages, ils nous enoncent maintenant le souhait de vouloir se regrouper. Surtout qu'ici, il y a beaucoup d'enfants pour peu d'adultes ! Chacun des membres donne donc son avis sur l'arrivée ou non d'autres familles. Tout se passe de facon tres cordial, chacun respecte son temps de parole et personne ne s'interrompt, les Shuars savent faire des réunions intelligentes ! On nous énonce ensuite leur souhait quant a notre aide particuliere : l'achat de deux cochons, qui permettront plus de proteines pour tous, et en plus se reproduisent rapidement et a foison, ce qui permettra en quelques annees d'en faire profiter toutes les familles. Nous allons nous coucher pour discuter de tout ca...

 

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Un autre petit détail dans la série 'La mala suerte d'Indiana' : au fil des jours, notre reporter s'inquietait du bon fonctionnement de son appareil photo argentique, plus qu'important pour la bonne tenue de notre grande et merveilleuse exposition de retour de projet. Mais voila, apres une petite chute sur les pierres du Rio, celui ci rendra definitevement l'ame...le lendemain deux d'entre nous décident donc de se rendre a Puyo afin d'en chercher un nouveau ! Pendant ce temps, c'est repos complet en profitant du soleil pour les deux autres, avec un peu d'artisanat....Elles rentreront bien tard, juste quand on commencait a s'inquieter, mais avec un bon vieux reflex pas tout neuf mais qui marche dans les mains...

 

Le jour suivant, le travail reprend pour la création de la seconde pecera, et notre aide se fait de moins en moins importante, d'une part car nous sommes fatigués et ensuite parce qu'on a presque l'impression de les retarder dans leur travail, tant ils vont vite, tant nos petits bras mous font pales figures a coté de ces surhommes.

Une fois n'est pas coutume, la journée continue par le foot, et on commence a connaitre la rengaine : Valentine se claque encore la jambe, Victor lutte rien que pour suivre les gamins, quant a Marilou et Indiana, elles préfèrent s'abstenir.

 

Au milieu de cette journée d'effort, encore un festin pour tous, et on nous comble de mets différents qui ne sont pas tous a notre gout, comme un certain mélange d'abbats de poulet avec du coeur palmier, cuit dans une feuille de bananier...ainsi que l'eternelle banane qui n'aura jamais éte mure.

 

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Le lendemain on continue le projet par l'achat en ville des petites choses qui, meme si elles ne sont pas tres durables et donc pas dans l'esprit de nos actions, sont tout de meme essentielles et surtout les bienvenues : quelques fournitures scolaire, des chaussures pour tous les enfants, et puis un nouveau ballon de foot ! Au meme moment une enfant en bas age tombe sous le coup d'une belle pneumonie, et on essaie donc de donner un autre coup de main en achetant les medicaments appropriés, ou là où la medecine verte montre quelques limites..

 

Apres une bonne nuit, on profite du soleil pour une nouvelle journée de peche, mais nouvelle technique, sans dynamite, et plus naturelles : on passe d'abord une petite heure et un petit litre de sueur a ecraser, assis sur les grandes pierres plates qui jonchent la rive du Rio, une drole de plante, sans trop savoir a quoi ca va servir. L'idée étant ensuite de mettre ses plantes ecrasées dans de grands sacs et donc le jus, une fois répandu dans les eaux, asommera les poissons, devenant ainsi vulnerables à etre pechés à mains nues. Ainsi on descendera tout le Rio pour preparer le festin du soir...sauf pour nous, qui avont passé la journée à jeuner. En effet, le soir meme, petite découverte, puisqu'on nous propose de prendre la boisson psychotrope ancestrale de la culture Shuar, Le Natim. Aidés par les suaves mélodies à la flute d'Ewin, des discours en Shuar et de bougies naturelles, c'est une longue nuit de méditation pour tous, ponctuée pour certains d'une certaine dose de vomissements. Mais au petit matin, tous se réveillent de cette nuit à la belle étoile, pour la premiere fois au rythme des indiens, à 6h, un peu brouillons mais le corps nettoyé et l'esprit rempli de bribes de souvenirs, de pensées, de visions...

 

Le petit dej du lendemain se passe la tete encore embuée de la nuit, et le moment du départ se rapproche....

 

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Le dernier jour sera jour de fete, et nous beneficieront d'une nouvelle soirée de danse et de demonstrations. Au petit matin on se sent deja nostalgiques a l'idée de quitter tous ceux auxquels nous sommes maintenants bien attachés : Indiana et ses deux enfants fous, Kevin mais surtout le petit diable d'Enrique ; Marilou dont le coeur pleure encore d'avoir quitté son beau Rosario sans meme une proposition de mariage ; Valentine embrasse une derniere fois sa nouvelle filleule, ayant accepté la proposition solenelle que lui aura fait Lucia quelques jours plus tot ; Victor profite le soir d'une derniere discussion avec Abel, qui parle du passé avec nostalgie mais qui a en lui de bien beaux projets pour sa communauté...

 

Et tous de profiter d'un dernier moment de partage avec les enfants ! Mauricio, Anwa, Morgan, Germany, Gladys, et tant d'autres...

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Et puis encore une bien belle soirée, on on accuse les shuar d'avoir voulu nous rendre saouls de chicha, tant nous n'avons pas eu une seconde de repit sans un bol a la main...

L'occasion aussi pour les Shuar de nous donner une grand discours solennel de remerciement pour notre intéret et notre aide, et nous de les remercier a grandes embrassades pour leur généreux accueil et leur gentilesse.

 

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Enfin, une derniere bonne surprise, le soir du dimanche de notre départ, nous apprenons que l'argent que nous avons laissé à été utile, puisqu'on compte maintenant deux petits cochons en plus dans la communauté de Putuim....

 

Nos lecteurs nous excuseront encore pour le manque de photo...l'eternelle mala surte de notre Shuerpip aura eu raison de bien beaux clichés...

 

Retour a Puyo pour nous et notre ami Edwin profite de nous accueillir pendant quelques jours. Maintenant, il faut reprendre le travail pour la Casa de la Sabiduria avec Maria et Francisco.

 

xoxo hoéquateur

Par hoequateur - Publié dans : Projet 2011
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 18:50

Un Episode de notre voyage se termine ! Un episode, une aventure, une épopée ! Celle de quatre blancs-becs jetés dans la jungle pendant dix jours, prets à rejeter toutes leurs habitudes d'occidentaux, le temps d'un partage avec de bien belles personnes...

 

En partant de notre jolie Puyo, qui ressemble maintenant presque a la maison, il faut environ quatre heures de bus pour se rendre a la communaute de Putuim. Pour notre part cela fut un peu plus rapide puisque le deuxieme bus ne passant pas, nous avons preferé refaire un petit tour a l'arriere d'une camionette sur un long chemin caillouteux pour arriver enfin au pied du chemin s'enfoncant dans la selva, au coeur de l'enfer vert, pour une petite marche d'une vingtaine de minutes. Premiere bonne surprise, a mi-chemin de de cette marche, la riviere que les groupes precedents avait du traverser se voit maintenant surplombee d'un pont, simplifiant un peu l'effort, enfin c'est ce que nous pensions....puisqu'apres celui ci le chemin se voyait de plus en plus ascendant, jusqu'a devenir, pour certain(e)s, une veritable escalade, qui deviendra bien vite quasi-quotidienne.


C'est ainsi que nous sommes arrives. La communaute nous parait bien calme et peu peuplée bien que dotée de maintenant sept chosas (l'habitat traditionnel Shuar), mais tres vite l'arrivee de tous les enfants (une vingtaine !) pour nous souhaiter la bienvenue annonce la couleur...

 

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Ramon, le chef de la communauté et ses deux femmes en comptent 16 a eux seuls...sans compter les adultes qui sont mariés et partis a la ville ou dans d'autres communautés.

 

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Mais nous nous apercevons vite qu'effectivement, tout le monde n'est pas present et l'ambiance est plus que calme pour notre premiere journee, qui nous parait un peu longue sous les rires des gosses qui ne nous quittent pas des yeux en riant, et des longues discussions en shuar que nous ne comprenons pas. Une fois la nuit tombée (a 19h, on s'y fera !), l'atmosphere se detend un peu en lancant notre premiere activité de partage, puisque nous improvisons une petite seance de light painting, ou comment s'eclater avec un appareil photo et une lampe torche...

Une fois ce bon temps passé c'est a l'heure des poules que nous nous couchons -des poules qui d'ailleurs dorment juste a coté de notre chosa, et notre reveil quotidien s'en souviendra. Notre chosa est sommaire mais nous sommes deja bien content d'avoir un toit, et c'est a meme les planches à l'espacement anarchique que nous dormirons. Par chance, la famille qui dort habituellement ici n'est pas a la communauté en ce moment, nous nous rassurons donc de ne pas les voir se contraidre à nous recevoir.

 

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Et les dos s'en souviennent, de cette premiere nuit, mais surtout Valentine qui faute de dormir a preféré se lever d'un coup, raide d'un mal de ventre, vers 3h du matin, pour passer le reste de la nuit malade à vomir tout ce que son corps pouvait, et meme un peu plus. Tourista ? Insolation ? Piqure de scorpion ? Nous attribuons plutot ce mal au medicament tant redouté de prevention contre le paludisme, connu pour ses effets secondaires biens radicaux. Trois d'entre nous, craignant alors que les effets de ces jolies pilules roses soient plus forts que les symptomes de la maladie dont elles protegent decident alors d'arreter le traitement, en sachant qu'il peut toujours se prendre en curatif. Seule Marilou, dont l'appareil digestif defie les lois humaines, continuera et continue encore de prendre cette douce Malarone.

Mais c'est sans doute celle qui a bien fait de continuer le traitement, car c'est bien a elle que les insectes donneront toute leur attention...et les piqures sur ses jambes l'attesteront, plus nombreuses que les litres de chicha que s'engloutissent chaque jour les membres de la communauté.

Et la chicha, parlons-en ! Cette boisson que les groupes précédents nous avait vendu comme dotée d'un gout et d'une texture plus que particuliere, nous nous en souviendront, puisque ci elle devait etre comparee a notre eau, c'est plus qu'1.5 litre que tous engloutissent ici du matin en soir, vantant ses merites pour la force du corps et de l'esprit. Il s'agit en fait de yuca ecrasé puis plus ou moins fermenté, assez liquide et doux le matin, plus fort et grumeleux le soir, elle peut meme, en grosse quantité, apporter un peu d'ébriété a celui qui s'en saoule.

Mais revenons a notre recit. A notre arrivee, et encore en compagnie de nos amis Francisco et Maria qui nous ont conduit ici, nous nous sommes vus recevoir nos noms shuars, qui seront d'ailleurs nos seuls noms pour toute la durée de notre sejour.

Valentine devient alors Jintia noa, une femme qui marche sur un chemin qui ne se termine jamais, et qui ne s'arrete jamais de marcher...
Marilou devient Kukuj noa, une mignonne petite fleur de la jungle, un prenom donné par un certain indien aux cheveux longs et au corps d'apollon, et qui bien vite s'amusera a en arracher les pétales...
Indiana devient Shuerpip noa, une oiseau qui vole et vole sans jamais s'arreter ni se reposer et ne cesse de voyager.
Enfin Victor devient Churubia, un aigle aux grandes ailes et a l'oeil percant qui chasse et devore tout ce qui peut etre chassé, meme les humains...

Au deuxieme jour, nous partons dans une petite ville du doux nom de Pablo Sexto, pour y acheter des explosifs. Ceux ci nous serviront a pecher l'apres midi, le jeu consistant a lancer l'explosif puis, juste apres l'explosion, de sauter dans l'eau avec tous les enfants en reperant grace au soleil les reflets des ecailles des petits poissons, gisant dans les profondeurs du Rio au milieu des herbes aquatiques...

 

C'est ainsi que quelque fois nous apprecions de manger du poisson plus que frais et peché (enfin, un peu) de nos propres mains ! Coté reste du repas nous avons eu droit les premiers jours à un traitement de faveur puisqu'on nous a servi un peu de riz, le temps de nous habituer...Accompagné des fecules locales qui se mangent par tous et sans limite : la yuca, la papachina, la camote, la banana, le platane (autre banane). Putuim 0015

 

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Ici dans les journées tranquilles seulement deux repas : à 8 et 16h, et ce n'est que pendant les journées de travail que nous revenons à un rythme plus européen, car il faut des forces ! Et du repos aussi, avec les nombreuses baignades dans le Rio...


Et c'est de nombreuses fois que nous nous y rendrons, a(u) Rio, pour pecher, se laver, jouer avec les enfants, profiter un peu du soleil et puis s'endurcir un peu aussi de nos peurs des insectes (encore!) puisque sur presque chaque pierre tronent chenilles et surtout araignees, parfois relativement grosses...Nous apprenons, tous comme les indiens, à etre indifferent a ce qui ne pique pas, et puis nous comprenons que ce qui pique n'est pas important puisque cela n'est que douleur ! 'Ce qui ne tue pas vous rend plus fort', voila ce qui pourrait caracteriser nos hotes et surtout les enfants qui ont la peau bien dure et dont les insectes sont les jouets, et qui ne ressentent ni la douleur ni la peur tant que leur vie n'est pas en danger !

Le jour suivant, l'aventure reprend de plus belles et nous remontons non sans peine (faut-il preciser pour qui ?) un petit cours d'eau juché d'embuches et de glissades. Heureusement les filles se voient aider par le fameux indien aux cheveux long, Rosario, le bel ephebe qui jour apres jour s'amourrache de plus en plus de notre petite fleur, la couvrant de calin et volant a son secours quand elle est en peine sur son beau cheval blanc. Notre autre compagnon d'aventure, Edwin, n'est pas en reste puisque celui ci, ayant eu la chance de voyager en europe, y a aussi appris a courir les jupons de femmes occidentales...

Bref, au terme de cette ascension (encore une !) nous voila nez-à-nez avec une gigantesque cascade, qui en plus d'eblouir par sa grandeur et la beauté des arcs en ciels qu'elle crée, nous offre un puissant mais delicieux massage naturel. Et nous de decouvrir un peu plus les legendes indiennes, car sous les sifflements de nos deux compagnons, et a notre grande surprise, on sent le flux d'eau devenir plus fort, et marteler plus encore nos épaules meurtries par nos nuits agitées, à se tourner sans cesse sur les inconfortables planches de demi-bambous qui nous servent de matelas...

 

Le soir, petite cérémonie afin de nous faire découvrir un peu mieux la coutume locale, par la danse, et la musique.d'abord la démonstration, puis rapidement nous nous joignons à eux pour partager un peu les rythmes des flutes endiablees d'Edwin et les chants de Ramon

 

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C'est tout pour le début du récit, bien plus à venir quand on aura un peu plus de temps !


Nos fidèles lecteurs devront par contre nous excuser du peu de photos que nous partagerons sur notre temps a Putuim, car le mauvais destin à fait que la premiere carte mémoire d'Indiana vient de rendre l'ame, nous privant de bien des souvenirs sur tout le debut du voyage....

Par hoequateur - Publié dans : Projet 2011
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