U nuy niar tay Shuar
Il parait que nous sommes là non seulement pour aider Francisco et Maria dans leurs projets mais aussi pour découvrir la richesse culturelle de l’Equateur… Soit. Vendredi 14 notre « hôte » nous propose de nous retrouver le lendemain pour une après-midi échange culturel, et pour une première fois quoi de mieux qu’un petit cours de langue ?
Nous nous sommes donc retrouvés 15h pétante da ns la Choza de la famille... Je crois ne pas encore avoir parlé de cette choza ! Je m’en vais réparer cet oubli « pronto ». Il s’agit de l’habitation traditionnelle Shuar en bois avec toit en feuille de palmier. Il se trouve qu’ils en ont construit une à côté de leur vraie maison pour accueillir une partie des activités culturelles de la fondation Tsunki Shuar.
Intérieur de la Choza (notez les deux grands guerriers Shuar près du feu)
Réplique d’une Choza (Pour voir l’extérieur… la vraie est entre deux maisons c’est pas beau :D)
Maintenant que cet oubli est réparé passons aux chose s sérieuses…
Nous nous attendions (enfin moi du moins) à profiter d’un cours de Shuar et à devoir leur apprendre quelques mots en français « tranquillement entre nous », j’entends par la simplement avec Francisco et Maria. Mais c’était sans compter sur l’esprit bouillonnant de Francisco qui pour l’occasion avait convié une « prof » kichwa* et une de waorani… ainsi que sur la curiosité des jeunes, famille ou amis, qui ne parlent pas ces langues. Nous étions finalement une bonne dizaine.
* écriture locale de quechua, quichua ou encore kichua… pas chiant les indiens quoi
Nos professeurs : Francisco, Norma (Kichwa), Julia (Waorani), Maria (Shuar), et nous : Nicolas, Julien et Clément.
Le professeur de français dans ses œuvres (notez le sourire Colgate !)
Quelques-uns des meilleurs élèves
De g. à d. : Karen, Norma, Nicolas, Maria, Kathy et Julien
S’en est donc suivi quelques 3 heures d’apprentissage intensif, qui nous ont donné non seulement un beau mal de tête, mais aussi (disons plutôt surtout) la capacité de comprendre une conversation aussi saugrenue que :
« Emomido imi?
- Wina marka Julien, amesha?
- Ñuka shutykan Nicolas”
Pour les quelques incultes qui ne connaissent pas e ncore ces langues parlées dans les hautes sphères de la culture mondiale (ou pas), je donne la traduction ainsi que les langues correspondantes entre parenthèses :
« Comment t’appelles-tu ? (waorani)
- Je m’appelle Julien et toi ? (shuar)
- Je m’appelle Nicolas (Kichwa) »
(Je remercie donc Nicolas pour sa participation à cet exemple Ô combien illustratif !)
Suite du programme interculturel :
- crêpes, oui, c’est classique mais ils voulaient que nous cuisinions et vu nos capacités dans le domaine c’était ça ou des pâtes bolo…
- quelques chansons Shuar, cette fois non pas chantées par Francisco mais par la mère de Maria « la abuela », quasiment a capela puisque simplement accompagnée de Francisco à l’arc musical et de Kathy, Eliza et Cristian avec de légères percussions. Cette petite dame qui ne parle pas du tout espagnol cache encore une certaine énergie pour son âge. Elle réussit encore à chanter et danser (disons plutôt sautiller) tout à fait correctement !
La troupe du soir (bonsoir)
De g à d : Francisco, la Abuela, Kathy, Cristian et Eliza
Francisco jouant de l’arc musical et la Abuela
Pour la petite histoire cette journée s’est achevée par l’anniversaire de Bryan (19 ans) dans cette même Choza, mais ça c’est une autre histoire…. Bref une journée riche !
Je profite de cet article « culture » pour vous parler d’une autre journée. Ce samedi 23, nous avons accompagné Francisco et une partie de la famille à Ambato (dans la montagne), où ils devaient jouer quelques chansons.
Départ de Puyo : 11h en compagnie de Francisco, Alexandra et Nathaly (ses filles), Edwin, Erica et Kathy – Maria nous rejoignant dans l’après-midi. Trois heures de bus plus tard nous voilà à Ambato. Très bien reçus puisque dès notre arrivée nous avons droit à un copieux repas.
Le spectacle étant sensé commencer à 18h, une première interrogation s’impose « mais c’est qui tous les gens dans le gymnase à cette heure-ci ? », ils devaient en effet être une bonne centaine…
La réponse viendra d’elle-même dans l’après-midi, c’est une communauté religieuse et leur « chorale », répondant au doux nom de « Hijas de Sion » (les filles de Sion) qui organise l’évènement… Bien, pourquoi pas.
Hijas de Sion « ministerio de alabanza y adoración (ministère des louanges et de l’adoration…. Rien que ça!)
Mais vous vous demandez certainement ce qu’on a pu faire entre 14h et 18h ??
La réponse en image !
Sans com mentaire 1
Sans commentaire 2
Je rappelle qu’Edwin a 29 ans, Nicolas 23 et Clément 22… Et – je ne sais pas si c’est bien utile de le préciser- je n’ai évidemment pas participé à ces idioties ! 0 :-)
La suite des évènements est pour le moins inattendue ! Nous avons en effet eu droit à un spectacle entièrement dédié à « Dieu », tout d’abord un groupe de « rock » (ou pas) chrétien, puis …. Attention 1h30 ( !) de discours d’un prêcheur à la mode américaine! Très belle performance d’acteur : gravité, légèreté, rire, sanglot tout y passe ! Une partie du public semble en extase, une autre n’écoute même pas… Bref très étrange pour nous petits français chez qui ce genre de pratique est pour le moins marginale !
Où je veux en venir ? Simplement illustrer que les chocs culturels n’ont pas lieux qu’avec des indiens au milieu de la jungle, mais aussi en ville à 2h de Quito…
Le prêcheur (en costume) et ses fidèles en extase… Notez la présence divine au second plan… Ah non pardon c’est un projecteur !
Suite à ca nous avons (enfin) eu droit à un « vrai » spectacle de danses traditionnelles, très beau pour le coup ! (Je ne peux malheureusement pas mettre de vidéo ici…)
Et, à 23h… Tsunki Shuar ! Seulement pour 4 morceaux, cette fois intégralement chantés par Maria… et oui c’est un peu chacun son tour ici ! Edwin et Francisco étant alternativement à la guitare ou à la flute, et les filles aux percussions.
Voilà j’en ai terminé avec mon récit ! A très bientôt pour un point projet (parce que oui, ça aussi ça avance !)
JM.
Ps : Pour ceux qui se poseraient la question, le titre de l’article signifie « nous étudions le Shuar » :-)