Partager l'article ! Retour de Putuim - Episode #2: Alors voilà, les premiers jours c'était sympa, on commence a connaitre un peu tout le monde et a s'attacher, mai ...
Alors voilà, les premiers jours c'était sympa, on commence a connaitre un peu tout le monde et a s'attacher, mais c'est pas le tout, va falloir bosser un peu pour la communauté.
La journée du lundi était donc celle du labeur, puisqu'on nous invite à venir donner un coup de main pour créer, a quelques metre d'un chemin partant de la communauté, 4 peceras (fermes à poissons), afin de permettre aux membres de la communauté de manger un peu plus de viande. Chacune de ces fermes contiendra environ 500 poissons, ce qui permettra d'en faire profiter de plusieurs communautés, voir en plus d'avoir un peu de surplus pour le vendre à la ville.
Le travail est plus qu'harrassant, armés chacun d'une simple pelle pour creuser un trou de 60cm de profondeur et d'environ 10m par 6. Il ne nous faut à chacun que quelques minutes pour etre terrassés par la fatigue et les douleurs, et encore une fois les indiens nous impressionnent par leur forme physique, et meme ceux qui ne sont plus tout jeunes. Ils travaillent d'arrache pied, aidés par plusieurs hommes venus d'autres communautés. Pendant ce temps, les femmes amenenent encore et toujours des grands bols de chicha, pour se redonner des forces !
Au terme de cette premiere journée de travail la premiere pecera est terminée, et nous autres, extenués. Mais comme si cela ne suffisait pas, on nous invite au premier grand match de foot Francia / Ecuador ! Petits comme grands ne montrent pas un seul signe de fatigue, ne craignent pas les épines sous leurs pieds nus, et ne cessent d'etre a 100% de leur energie du debut a la fin, tandis que nous qui n'etions deja meme pas a la moitié avant de commencer, faisont rapidement bien pale figure, et seul Churubia restera jusqu'a la fin, mais le lendemain les nombreuses courbatures montreront qu'il aurait peut etre mieux fait d'etre plus raisonnable.
Le lendemain, journée de repos, et Edwin et son père, Abel, nous invitent a faire une petite ballade en foret. Les embuches redoublent car cette fois nous n'empruntons pas les chemins oh non, mais nous enfoncant directement dans la jungle, guidés par les nombreux coups de machette d'Abel, cet homme qui d'apparence n'effraie pas, mais qui s'avere etre fort comme un boeuf. Encore une fois nous sommes subjugués par leur immense connaissance de la foret, et tous les dix metres on s'arrete pour decouvrir ce qui se mange, se peint, se brule, se boit...bref tout pour survivre ! Sur la route un nouveau drame arrive, la rencontre de Shuerpip avec celles qui, petite par la taille mais grandes par la douleur étaient tant redoutées depuis le début : pas les mygales, pas les serpents, pas les tigres non, mais les chenilles. Eh oui ca peut sembler bien peu de chose, mais certaines, celles qui ont le poil long, peuvent provoquer des douleurs, qui bien que temporaire laissent un souvenir a celui qui se trouve sur leur chemin. Et leur chemin, impossible de le prevoir, car quand elles ne passent pas des feuilles que l'on deblaie aux bras, c'est directement du ciel qu'elles tombent, comme sur la main de notre Indiana, rapidement envahie de douleur et de nausée, mais qui se montrera forte et qui, au terme de la douleur, pourra non sans gene se vanter d'etre une vraie femme de la foret.
Notre 'ballade' se continue donc, juste le temps de passer des crevasses en marchant sur des troncs d'arbres et de se rehydrater en buvant a meme le bambou, nous arrivons devant de tres vieux arbres, juchés de longues lianes. On en coupe quelques unes, elles serviront a tresser des paniers, et nos guides deblaient rapidement le coin afin de jouer quelques minutes a tarzan....Car c'est ca l'esprit Shuar : prendre son temps, profiter de la foret, et s'avoir s'amuser de temps en temps !
Retour ensuite a la communauté, en grigognant sur la route quelques Papaya del Monte ou du Palmito, le coeur de palmier local, sans trop de gout mais qu'ils devorent sans moderation !
Le soir on retourne dans l'esprit du projet, et participons a une grande reunion. La premiere demi-heure est un peu longue puisque tous ne parlent que Shuar, mais nous comprenons qu'en fait tous se parlent pour décider du futur de la communauté, et qu'ils se concertent aussi au mieux pour que notre discussion avec eux se passe pour le mieux.
Bilan : la communauté risque de s'agrandir encore, puisque la famille s'etant un peu eparpillee dans d'autres communautés au fil des années et des mariages, ils nous enoncent maintenant le souhait de vouloir se regrouper. Surtout qu'ici, il y a beaucoup d'enfants pour peu d'adultes ! Chacun des membres donne donc son avis sur l'arrivée ou non d'autres familles. Tout se passe de facon tres cordial, chacun respecte son temps de parole et personne ne s'interrompt, les Shuars savent faire des réunions intelligentes ! On nous énonce ensuite leur souhait quant a notre aide particuliere : l'achat de deux cochons, qui permettront plus de proteines pour tous, et en plus se reproduisent rapidement et a foison, ce qui permettra en quelques annees d'en faire profiter toutes les familles. Nous allons nous coucher pour discuter de tout ca...
Un autre petit détail dans la série 'La mala suerte d'Indiana' : au fil des jours, notre reporter s'inquietait du bon fonctionnement de son appareil photo argentique, plus qu'important pour la bonne tenue de notre grande et merveilleuse exposition de retour de projet. Mais voila, apres une petite chute sur les pierres du Rio, celui ci rendra definitevement l'ame...le lendemain deux d'entre nous décident donc de se rendre a Puyo afin d'en chercher un nouveau ! Pendant ce temps, c'est repos complet en profitant du soleil pour les deux autres, avec un peu d'artisanat....Elles rentreront bien tard, juste quand on commencait a s'inquieter, mais avec un bon vieux reflex pas tout neuf mais qui marche dans les mains...
Le jour suivant, le travail reprend pour la création de la seconde pecera, et notre aide se fait de moins en moins importante, d'une part car nous sommes fatigués et ensuite parce qu'on a presque l'impression de les retarder dans leur travail, tant ils vont vite, tant nos petits bras mous font pales figures a coté de ces surhommes.
Une fois n'est pas coutume, la journée continue par le foot, et on commence a connaitre la rengaine : Valentine se claque encore la jambe, Victor lutte rien que pour suivre les gamins, quant a Marilou et Indiana, elles préfèrent s'abstenir.
Au milieu de cette journée d'effort, encore un festin pour tous, et on nous comble de mets différents qui ne sont pas tous a notre gout, comme un certain mélange d'abbats de poulet avec du coeur palmier, cuit dans une feuille de bananier...ainsi que l'eternelle banane qui n'aura jamais éte mure.
Le lendemain on continue le projet par l'achat en ville des petites choses qui, meme si elles ne sont pas tres durables et donc pas dans l'esprit de nos actions, sont tout de meme essentielles et surtout les bienvenues : quelques fournitures scolaire, des chaussures pour tous les enfants, et puis un nouveau ballon de foot ! Au meme moment une enfant en bas age tombe sous le coup d'une belle pneumonie, et on essaie donc de donner un autre coup de main en achetant les medicaments appropriés, ou là où la medecine verte montre quelques limites..
Apres une bonne nuit, on profite du soleil pour une nouvelle journée de peche, mais nouvelle technique, sans dynamite, et plus naturelles : on passe d'abord une petite heure et un petit litre de sueur a ecraser, assis sur les grandes pierres plates qui jonchent la rive du Rio, une drole de plante, sans trop savoir a quoi ca va servir. L'idée étant ensuite de mettre ses plantes ecrasées dans de grands sacs et donc le jus, une fois répandu dans les eaux, asommera les poissons, devenant ainsi vulnerables à etre pechés à mains nues. Ainsi on descendera tout le Rio pour preparer le festin du soir...sauf pour nous, qui avont passé la journée à jeuner. En effet, le soir meme, petite découverte, puisqu'on nous propose de prendre la boisson psychotrope ancestrale de la culture Shuar, Le Natim. Aidés par les suaves mélodies à la flute d'Ewin, des discours en Shuar et de bougies naturelles, c'est une longue nuit de méditation pour tous, ponctuée pour certains d'une certaine dose de vomissements. Mais au petit matin, tous se réveillent de cette nuit à la belle étoile, pour la premiere fois au rythme des indiens, à 6h, un peu brouillons mais le corps nettoyé et l'esprit rempli de bribes de souvenirs, de pensées, de visions...
Le petit dej du lendemain se passe la tete encore embuée de la nuit, et le moment du départ se rapproche....
Le dernier jour sera jour de fete, et nous beneficieront d'une nouvelle soirée de danse et de demonstrations. Au petit matin on se sent deja nostalgiques a l'idée de quitter tous ceux auxquels nous sommes maintenants bien attachés : Indiana et ses deux enfants fous, Kevin mais surtout le petit diable d'Enrique ; Marilou dont le coeur pleure encore d'avoir quitté son beau Rosario sans meme une proposition de mariage ; Valentine embrasse une derniere fois sa nouvelle filleule, ayant accepté la proposition solenelle que lui aura fait Lucia quelques jours plus tot ; Victor profite le soir d'une derniere discussion avec Abel, qui parle du passé avec nostalgie mais qui a en lui de bien beaux projets pour sa communauté...
Et tous de profiter d'un dernier moment de partage avec les enfants ! Mauricio, Anwa, Morgan, Germany, Gladys, et tant d'autres...
Et puis encore une bien belle soirée, on on accuse les shuar d'avoir voulu nous rendre saouls de chicha, tant nous n'avons pas eu une seconde de repit sans un bol a la main...
L'occasion aussi pour les Shuar de nous donner une grand discours solennel de remerciement pour notre intéret et notre aide, et nous de les remercier a grandes embrassades pour leur généreux accueil et leur gentilesse.
Enfin, une derniere bonne surprise, le soir du dimanche de notre départ, nous apprenons que l'argent que nous avons laissé à été utile, puisqu'on compte maintenant deux petits cochons en plus dans la communauté de Putuim....
Nos lecteurs nous excuseront encore pour le manque de photo...l'eternelle mala surte de notre Shuerpip aura eu raison de bien beaux clichés...
Retour a Puyo pour nous et notre ami Edwin profite de nous accueillir pendant quelques jours. Maintenant, il faut reprendre le travail pour la Casa de la Sabiduria avec Maria et Francisco.
xoxo hoéquateur